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Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig : Happy Valentines ! (#ClassicBooks)

14 février 2019
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Vingt-quatre heures, c’est le temps qu’il aura suffi à une femme de quarante-deux ans, veuve et mère de deux enfants, pour se laisser emporter par le feux de ses sentiments. Vingt-quatre heures auparavant, l’homme n’était qu’un étranger, un anonyme que rien ne permettait de distinguer. Un jour après, le corps de cette femme se consume rien qu’à l’idée qu’il puisse la quitter. Entre-temps que s’est-il passé ? Quelle force obscure, à l’œuvre, a pu déraciner tout ce que le bon sens et la morale auraient condamné d’emblée ? Ce n’est qu’une fois que le temps a passé, que devenue une vieille dame, elle confie à un inconnu le trouble de cette journée et la douleur vive qui lui en est restée. Rencontré au casino une vingtaine d’années plus tôt, le jeune homme qui la fera chavirer est tout entier concentré, le regard fixe, les mains survoltées, le corps tendu comme un arc, vers les mains du croupier. Chaque muscle de son visage est crispé dans l’expectative de gagner. Tout dans sa physionomie trahit chez lui la ferveur du jeu, le besoin compulsif de se mettre en danger. La femme ne le quitte pas des yeux. Elle est frappée par le contraste saisissant entre la candeur de ses traits et la tension qui y transparait. La partie s’achève, il est dépouillé et s’éloigne chancelant de la table de jeu. C’est alors que l’idée qu’il commette l’irréparable lui apparaît insupportable et la pousse à l’aider. S’ensuit un corps-à-corps. Une étreinte féroce. Elle, jetant ses dernières forces dans un combat acharné pour ne pas le laisser sombrer, lui partagé entre l’effroi de son dénuement et le désir de résister. Stefan Zweig pénètre la psyché d’une femme en proie aux affres de la passion et avec une concision remarquable dépeint avec virtuosité la violence des sentiments, situant précisément le point de basculement. Ce moment fatidique où la raison le cède à la passion. Où l’esprit perd toute sa lucidité, nous laissant nous jeter avec avidité dans une relation que l’on sait condamnée.

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