LITTÉRATURE FRANÇAISE ROMANS

Un jour ce sera vide, Hugo Lindenberg : un premier roman troublant et maîtrisé…un peu trop léché ? (#RL2020)

1 septembre 2020
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Premier roman remarqué de la rentrée littéraire, Un jour ce sera vide est un récit d’apprentissage troublant et mélancolique. Un texte fragmenté, nimbé de mystère, qui tient essentiellement par l’écriture belle, travaillée, à la limite de la préciosité d’Hugo Lindenberg. Le narrateur est un jeune garçon qu’un sentiment de malaise étreint continuellement. Un été en vacances en Normandie, il rencontre Baptiste avec qui il se lie d’amitié. Ce dernier agit comme un miroir déformant, soulignant l’absence des parents du narrateur, le dénuement de son logement, une tante névrosée restée figée dans le temps… Seule sa grand-mère exilée – son adulte référent – semblent avoir réussi à échapper à la malédiction qui pèse sur la lignée. Rien ne sera explicitement dit. Tout est suggéré par touches délicates. Souvenirs d’enfance égrenés au fil de chapitres courts et intenses, où le narrateur fait l’expérience de l’amitié, du sentiment d’attraction-répulsion et de la jalousie, qu’il peine à étouffer. Goûtant le sentiment de félicité que procure le fait de se savoir aimé. Sentiment ambigu contrebalancé par la peur de perdre l’être aimé, d’être abandonné, rejeté et oublié, source d’indicibles tourments. C’est cet apprentissage douloureux qu’Hugo Lindenberg restitue dans toute son intensité. Face à la famille parfaite de son ami, le narrateur se sent démuni. Un imposteur que la honte ne cesse de tirailler, peinant à dissimuler des secrets de famille enfouis. Prêt à tout pour, lui aussi, recevoir le baiser d’une mère avant d’aller se coucher et mettre ainsi fin à la solitude dans laquelle il a grandi. Alors, il brode. La réalité se pare des atours du rêve, elle est sublimée, fantasmée. Perçue à travers le prisme de son âme d’enfant, de sa sensibilité et des drames qui ont jalonné sa vie. Une vie lestée du poids d’une histoire traumatique commencée en Pologne et qui s’achève avec lui. L’enfant livré à lui-même est le dernier maillon d’une famille décimée, dont les fantômes continuent à l’habiter. Un premier roman soigné tenu par une écriture maîtrisée. Le tout se révélant un tantinet trop léché.


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